Emery depuis 1993 | EMERY&Cie
Entre 1993 et 2024 j’ai dessiné et fait réaliser un ensemble important de créations qui ont été
commercialisées par la marque EMERY&Cie
à travers des magasins à Paris, Bruxelles et Londres, et un site internet.

Soit 31 ans à défendre un artisanat des savoir-faire artisanaux en voie de disparition
à travers des créations uniques et singulières célébrant la beauté de l’imperfection
et le bonheur de la couleur.

 

Les peinturs ultra mattes Emery | EMERY&CieAvec, d’emblée, l’utilisation en gloire des zelliges marocains, …

 

… et par exemple l’utilisation, entre autre, d’un fer forgé très artisanal,
disparu partout ailleurs pour la création de mobilier.

 

Mais, en novembre 2024, EMERY&Cie a été mis en liquidation. Alors, avec quelques rescapés nous
nous sommes acharnés à reconstruire un espace pour continuer à vendre ce que nous avons pu sauver.

Dorénavant ce sera un espace virtuel, sans magasins, où ce qui s’y prête pourra être vendu en ligne
(comme la peinture et la quincaillerie). Pour le reste, nos conseillés expérimentés sont à votre
disposition par E-mail ou par téléphone, comme nous le faisions déjà.

 

 

Car il nous a paru important que ce patrimoine collectif de créations et de savoir-faire artisanal ne disparaisse pas totalement.

 

 

 

 

LE PRIX DES CHOSES :

Finalement, j’ai bien été obligée de comprendre que mes choix avaient un prix. Car avoir choisi de vendre et de défendre un mode de production en voie de disparition partout coûte très cher, surtout quand aucune nostalgie ne vient « valoriser » la démarche comme dans le cas des objets vendus par les antiquaires. Quand je suis devant les derniers artisans, souvent dans des pays peu développés mais pas uniquement, il est vrai que je souhaite qu’ils soient payés correctement. Et, d’ailleurs, il leur faudra autant de patience que moi, et de longues et coûteuses mises au point pour comprendre où je veux en venir. Pour autant, l’histoire ne fait que commencer, car il faudra encore emballer, transporter, vérifier, entreposer, présenter dans des magasins, expliquer, documenter… et tout cela coûte très cher, surtout qu’il s’agit toujours de petites quantités et d’une démarche d’exclusivité.  Or, comme toute alternative entre la production industrialisée et le marché de l’art a presque totalement disparu, les références manquent pour faire une comparaison pertinente. On a tendance à considérer que nos produits ne valent pas le prix d’une œuvre d’Art, puisqu’ils sont réalisés par de simples artisans, anonymes par définition, et qu’il n’y a donc aucune plus-value apportée par la signature d’un « grand nom ». Alors, on les compare aux produits industrialisés, par rapport auxquels ils sont forcément chers. Il est ingrat de rappeler les lois de l’économie à chaque client potentiel, aussi nos produits sont obligés de se défendre seuls, par leur différence avec la plupart des objets sur le marché. Certaines personnes perçoivent cette différence et même si elles ne peuvent pas toujours en expliquer la raison, elles sont prêtes à payer un peu plus cher pour vivre en compagnie de ces objets singuliers.

Texte écrit en 2013 pour le site Internet

Extrait de « Le prix des choses» fascicule 6 du livre
By Agnès Emery Par Agnès Emery